
Hand outs:
Quelques groupes et artistes





NTM
(« Nique Ta Mère », tendance dure du rap français)
http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8843.asp
IAM (« Imperial Asiatic Men », rap marseillais),
http://www.rfimusique.com/siteFr/discographie/discographie_101.asp
Passi
http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8918.asp
MC*Solaar (le rappeur lettré)
http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8853.asp
Ménélik,
(copain de MC*Solaar, inspiré du soul et du funk)
http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8852.asp
Une rappeuse (rap féminin)
Diam’s
Qu’est-ce que le rap ?
Le rap
fait partie de la culture américaine du hip-hop
née dans les années soixante-dix. Les quatre « piliers » du hip-hop
sont : le graffiti (graff) le breakdance (break), le DJing et
le rap.
Liens
http://directory.google.com/Top/World/Français/Arts/Musique/Genres/Hip-Hop/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rap_français
Le rap
est la branche la plus jeune du hip hop. L’art de parler rapidement sur la base
d’un rythme musical était d’abord exercé par un MC (« Maître de
Cérémonie » / « Master of the Ceremony ») qui aux débuts du hip-hop mettait de
l’ambiance lors des ‘block parties’, en animant au micro les soirées. Les
paroles des MC se sont développées des simples onomatopées aux textes rimés.
L’histoire du rap en France
De
nombreux groupes de rap se sont formés en France au milieu des années 80 par
l’influence de la culture du Hip-hop aux Etats-Unis. Aux débuts, c’était
surtout le break qui était l’activité centrale. Chaque week-end, un grand
nombre de jeunes des banlieues se retrouvaient aux portes de Paris et
organisaient des fêtes underground sur l'exemple de leur grand frère américain Grandmaster Flash.
On date
d’habitude le début du rap américain en 1979 avec le Rapper’s Delight de Sugarhill
Gang dont le tube est passé en France. Le coup de départ en France a été donné
par une tournée des artistes américains du hip-hop en 1983. Le mouvement est
tout d’abord constitué de danseurs, breakeurs, puis
de graffeurs, et petit à petit, l’idée de se mettre à
rapper en français va naître. La sortie d’albums de
rap chanté en français accélère à partir de 1990.
Les
jeunes défavorisés se sont reconnus dans les thèmes et les attitudes présentés
par les rappeurs américains. Puisque la société française a délaissé les jeunes
des banlieues, ils recréent une société à l’intérieur de la société avec ses
propres règles et ses chefs. A travers le rap, les jeunes dans les banlieues –
souvent d’origine immigrée – ont obtenu la reconnaissance nationale de leur
identité.
Rap américain vs. français
Source : http://membres.lycos.fr/discographies/le_rap_francais.htm
Hugues Bazin, chercheur en sciences sociales, présente ce
qui selon lui différencie radicalement le rap français de son modèle d’outre-Atlantique:
"Alors qu’aux Etats-Unis, il révèle un développement
séparé du "creuset américain", en France, il est au contraire
l’indicateur d’un creuset culturel nouveau, mêlant multi-appartenances
et valeurs universelles qui se forgent dans une société à "double
vitesse".
Une formation comme Alliance Ethnik
-une alchimie kabylo-congolo-italo-judéo-gauloise-
est l’exemple type de ce rap français.
Pour MC Solaar, cette
différence va plus loin, certes le rap "en France, garde une conscience,
il est ancré dans la réalité, construit, humaniste…" mais aussi
"porté par une capacité à réagir comme il l’a prouvé lors de l’affaire NTM
et de la loi Debré."
Il y a donc une évolution dans le discours rap
aujourd’hui. C’est ce que met en avant Maryse Souchard,
sociologue. Pour elle, on trouve dans le discours rap français une volonté de
convaincre pour faire agir ceux à qui on s’adresse:
"Car la vie n’a pas de sens si elle n’est que
souffrance, la vie n’a pas de sens, mon combat est ta chance, si on le voulait
tous vraiment, il n’y aurait même plus de gouvernement." (Vous permettez /
Tribu)
C’est le sens de l’action qui semble avoir changé. Après
avoir demandé surtout à exister socialement et à devenir des interlocuteurs
d’une société à laquelle ils souhaitaient s’intégrer, les rappers
français appellent à davantage de révolte. Ainsi le rap reste non seulement un
discours sur la société, mais il devient de plus en plus un discours pour une
autre société:
"L’indifférence n’est plus acceptable, j’en ai assez
que tout le monde veuille se voiler les yeux, j’ai comme une méfiance face au
rang fourni par ceux qui saluent du bras tendu […]. Tous ces mecs n’ont pour
effet que d’agrandir la rage de ma verve que j’abats sur eux; puissance des
mots que je débiterai jusqu’à ce qu’ils soient KO." (Unité / Jungle)
Les thèmes
Les
grands thèmes évoqués dans le rap sont : l’injustice sociale, le racisme,
la violence, la vie dans les banlieues, la police, l’argent, la drogue et le
sexe.
Il faut
également souligner l’importance de la construction de l’identité du
rappeur : la répétition et la multiplication des noms (pseudonymes), le
récit de son histoire et la prise de position comme témoin et prophète de son
temps.
La langue
« Ces faiseurs de rimes urbaines sont toujours
aussi subversifs » (Rfi musique sur
NTM)
Pendant que des générations entières de professeurs se sont battues en
vain pour essayer d’intéresser les enfants à la littérature, il a suffi d’une
paire de tubes signés MC Solaar ou IAM pour qu’une génération
entière se passionne pour l’écriture de rimes et la consultation fréquente du
dictionnaire. Le rap est devenu pour eux un moyen, plus encore que le football,
d’acquérir la reconnaissance nationale d’une identité. C’est le moyen de faire
triompher son langage, ses argots, ses métaphores, tout son univers, à travers
des médias qui les avaient jusqu’alors ignorés. Et c’est en développant sa
propre identité, son discours original, que le rap français se distingue.
Caractéristiques
linguistiques et artistiques du rap :
· emploi de l’argot, les langues de la rue et de la
banlieue
· écriture phonétique (« Tu C Ki
je suis »)
· recherche
d’effets poétiques, surtout des répétitions, des allitérations et des
assonances,
· jeu sur des lettres et des mots
· variations
sur le nom du rappeur
· mélange
de codes, par exemple anglais/français
Quelques liens
L’histoire du rap aux Etats-Unis,
http://www.hiphopcore.net/articles/histoiredurap01.php3
Une fiche pédagogique, http://www.ph-ludwigsburg.de/franzoesisch/overmann/baf4/rap/1.htm
(C) Jon Holm 2005